
Cynthia
BD, comics et jeunesse
Ancienne librairie généraliste, je rejoins en 2021 la super équipe de 9e Quai pour me spécialiser dans la BD. Aucun regret ! C’est une vraie chance de travailler chaque jour dans une librairie indépendante, entourée de collègues et de clients en or. Entre conseils, coups de cœur, échange avec les bibliothèques, communication sur les réseaux sociaux… on touche à tout et c’est ce qui me plaît ici !
Aujourd’hui on trouve de tout dans la BD, et dénicher LA pépite, c’est comme une chasse au trésor ! Je lis de tout, mais j’ai ma petite préférence pour l’horreur, le fantastique et le thriller. J’aime beaucoup l’idée que chaque BD ouverte est une vie à vivre, alors venez discuter et trouver votre prochain voyage littéraire !
La tête dans les bouquins, j’ai toujours voulu être libraire
avant de finalement faire des études dans la communication digitale.
La vie m’a ramenée dans le droit chemin en 2019, pour enfin travailler dans le livre !
La vie m’a ramenée dans le droit chemin en 2019, pour enfin travailler dans le livre !
Mes derniers coups de coeur

Gunnar le vampire
Il est aussi vieux que le château : il était là avant tout le monde. C'est la mémoire de la ville. Il a connu tous les aïeux !
Dans un petit village bourguignon du XXe siècle, la population peut se targuer de compter un habitant hors du commun : Gunnar.
Vampire suédois de huit cents et quelques années, il a laissé derrière lui son sulfureux passé de chasseur assoiffé de sang. Désormais, c’est dans la couture qu’il excelle, accompagné de son épouse mortelle. Connu de tous, grand ami du curé, il fait partie des murs du village.
Gunnar ne fait pourtant pas l’unanimité. Si pour certains, il est une célébrité locale inoffensive, pour d’autres, il n’en reste pas moins un dangereux prédateur. D’ailleurs, quand des animaux sont retrouvés vidés de leur sang, c’est évidemment sur lui que les accusations vont tomber… Notre homme est-il aussi rangé qu’il le prétend ?
À travers le destin de son vampire, Nicolas Dumontheuil raconte la vie d’une petite communauté. Il y a le sympathique curé et son horrible mère castratrice, la solaire Ayșe qui vit de son corps, la trop jeune Evelyne qui rêve de se faire mordre, la communauté de Gitans pleine de sagesse… Des archétypes sublimés par l'auteur, qui a su insuffler à chacun une existence crédible et déterminante pour l'histoire.
Amitiés, amours, rancunes, rêves et peurs : c’est l’humanité ramenée à l’échelle d’un village où tout le monde se connaît. Un écosystème à l’équilibre fragile, parfait théâtre pour la grande tragi-comédie de “Gunnar le vampire”.

Le Massacre du Gang Enfield
Que s’est-il passé ce soir de 1875, dans le comté d’Ambrose au Texas ?
Comment un vieux Texas Ranger et quelques citoyens se sont-ils mués en vengeurs assoiffés de sang, prêts à tout pour se débarrasser de Montgomery Enfield et de son gang de hors-la-loi. Le Massacre du Gang Enfield nous plonge au cœur d’une époque fondatrice pour les États-Unis.
Celle où la conquête de l’Ouest touche à sa fin et avec elle le temps des pionniers et des hors-la-loi. La loi de la frontière laisse peu à peu place à la « civilisation ». En tout cas, c’est ce qui aurait dû se passer. Ce n’est qu’en 1996, dans un article écrit par un passionné d’histoire du comté d’Ambrose, que la vérité sera faite sur cette sombre soirée de 1875.
Chris Condon et Jacob Phillips déploient une mise en scène magistrale pour nous raconter les dernières heures de Montgomery et de son gang.
Un western violent, réaliste et explosif. Chaque fin de chapitre étant habilement rythmée par un extrait de cet article de 1996, passionnant récit dans le récit, racontant l’origine d’un mal dont les racines courent encore aujourd’hui, sous les pieds des habitants du comté d’Ambrose, au Texas.
En bonus, il peut être intéressant de noter que Le Massacre du Gang Enfield (The Enfield Gang Massacre) est un récit complet qui s’inscrit dans la continuité de la série (That) Texas Blood des mêmes auteurs. Une série de récits complets, criminels, absurdes et violents se déroulant dans ce même comté d’Ambrose.

Summerboy
La semaine dernière, on a reçu un titre particulièrement frais pour supporter les grosses chaleurs ! Sortez les maillots, on va visiter l’aquarium de Summerboy.
Ça commence avec Abel, citadin un peu hautain, très dragueur et pas très assidu à la fac. Ses parents le rapatrient à Merville pour travailler l’été dans l’aquarium de la ville, histoire de faire autre chose que scroller les applis de rencontre.
Là-bas, il va faire la connaissance de Paul, qui travaille justement dans ledit aquarium. Coup de foudre : Paul sort du placard pour la 1ère fois et les deux garçons passent la nuit ensemble.
Problème : au réveil, la ville a été entièrement engloutie par la mer. Sauf l’aquarium.
Abel et Paul vont devoir se serrer les coudes, apprendre à vivre et à travailler ensemble pour espérer trouver une solution à leur isolement forcé. Quand on ajoute au tableau trois Bigoudènes et une colo de gamins, ça devient une épreuve de force mentale.
Summerboy, c’est le genre de titre qui nous fait réellement lâcher un rire bien sonore. Félix Auvard arrive aussi bien à créer l’émotion qu’à jouer de la comédie et du fantastique pour parler du bouleversement de la première relation homosexuelle. C’est terriblement drôle, avec un dessin très expressif et des dialogues écrits à la perfection.
Merci Felix pour ce moment passé en compagnie de Paul, Abel et de beaucoup trop de gamins indomptables !

Belle de Soie
Sorel est une tisserande de soie qui vit humblement avec sa fille, Jeannette. Leur quotidien est bouleversé par la requête d’une duchesse : faire de Jeannette sa suivante à la cour du roi. Sorel accepte de laisser partir sa fille, espérant lui offrir une vie plus confortable que celle d’artisane.
Une étrange prophétie accompagne cependant ce départ : la destinée de Jeannette sera exceptionnelle… mais de quelle manière ? Car la cour du roi est un endroit dangereux fait de concupiscence, de jalousie et de complots en tout genre. Belle de Soie s’ouvre comme un conte médiéval cruel qui flirte avec le merveilleux. Ici, le destin se joue cruellement des femmes… Ou bien est-ce l’inverse ?
Ce qui en fait la richesse, c’est la fantastique narration de Pavel Bart qui maîtrise parfaitement les retournements de situation. Chaque personnage a sa destinée, ses blessures, ses fantasmes et son rôle à jouer. Chaque chapitre est un nouveau regard sur l’histoire et permet au lecteur d’assembler pièce par pièce le puzzle de Belle de Soie. L'auteur est également aux commandes d’un dessin très expressif, tout en rondeur et couleurs. Et que dire sinon que c’est un régal à lire !
(On le conseille encore plus si vous avez aimé Peau d’Homme (Hubert/Zanzim) et Beauté (Hubert/ Kerascoët))

Cauchon... Ou l'homme qui tua Jeanne d'Arc
Jeanne… Etes-vous dans la grâce de Dieu ?
Comme l’annonce la première page, il ne s’agit pas de raconter l’histoire de Jeanne d’Arc. Tout le monde sait ce qu’elle a fait et comment sa vie s’est tragiquement terminée. Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’il s’est passé juste avant : son procès, mené par Pierre Cauchon. Évêque, juge et homme le plus détesté du Royaume de France.
Une fois Jeanne capturée par les Anglo-Bourguignons, il n’est pas question de la tuer. Une mise à mort ferait d’elle une martyre, renforçant le mythe qui l’entoure et la légitimité de Charles VII. L’objectif de Cauchon, c’est de prouver que Jeanne est une hérétique afin de pouvoir remettre Henri VI sur le trône. Pour percer à jour ses mensonges, il va s’entourer de 70 juges et mener le procès du siècle. Et comment pourrait bien se défendre une paysanne illettrée ?
Graphiquement sublime, le récit bénéficie également d’un travail de documentation et de reconstitution très ambitieux. Par rigueur historique, les auteurs consultent d’ailleurs David Glomot, docteur en histoire médiévale. On découvre avec fascination les coulisses des manigances politiques et religieuses ainsi que l’instrumentalisation de la foi comme arme de pouvoir. Si Jeanne est touchante, on se surprend aussi à découvrir chez Cauchon une complexité très bien écrite.

Marly ou la neige en été
Avec le printemps qui revient, c’est le moment idéal pour vous parler de Marly ou la neige en hiver. Une petite BD presque carrée de 374 pages, imaginée par Emmanuel Lantam et publiée par les Editions Réalistes.
Nous suivons donc une locomotive. Mais pas n’importe laquelle : c’est Marly, la fille de Poly, majestueuse locomotive de la ligne Nord. A peine née, le petit véhicule est l’objet de toutes les espérances, il lui faudra rouler dans les traces de sa mère !
Le problème, c’est qu’en plus d’être minuscule, Marly n’est que désordre dans un univers à la mécanique bien huilée. Ici, chacun doit tenir son rôle et rester à sa place. Mais Marly ne tient même pas ses rails. De quoi déplaire à la Sainte Patronne, protectrice de la région Nord, qui veille à ce que tout fonctionne bien…
Le Magicien d’Oz, Miyazaki, les contes de notre enfance… Marly rappelle les univers merveilleux tout en créant le sien. Ici, de grosses têtes roulent sans corps, des troupeaux de crânes sont guidés par une bergère fantasque, les arbres parlent et les sirènes attendent un prénom.
Mais surtout, le dessin d’Emmanuel Lantam est doux, enchanteur et nous accompagne dans une fantastique aventure. On a hâte de découvrir ses prochains projets !

Skating Wilder
Brandon Dumais et AJ Dungo sont des amis d’enfance, des grommets de la banlieue de L.A.
Un grommets, c’est un gamin, un précoce, qui glisse déjà sur une planche. Du vocabulaire comme ça, vous allez en apprendre beaucoup si vous n'êtes pas familier avec le monde skate, parce que SKATING WILDER, c’est (comme le dit Craig Thompson) la bible du skate.
Brandon et AJ ont fait un vrai travail encyclopédique, une étude quasi anthropologique des skateurs et de leur culture.
En commençant par les “surf de trottoir” commercialisés à l'époque de la “Sufploitation” du début des années 60. Le Skate va très vite devenir un mode de vie, une identité. D'abord populaire puis marginal, Hardcore et D.I.Y. mais aussi Hip-hop et jusqu'à être récupéré pour devenir un produit publicitaire.
Brandon et AJ déroulent le fil de la grande histoire du skate et aussi celle de leur amitié. Celle des gamins de la banlieue de L.A. qui ont grandi sur une planche à roulettes. Une histoire de potes qui résonne, qu’on ait glissé un jour sur le bitume ou non.
Le dessin d'AJ est époustouflant, il épouse les tricks et les postures avec un dynamisme et une énergie folle. Une BD réjouissante que l’on veut mettre entre toutes les mains !

Terres d'Ynuma
Terres d'Ynuma, c’est le petit dernier de la grande famille du Monde d'Aquilon que vous connaissez bien (Elfes, Nains, Orcs et Gobelins, Mages, Terres d'Ogon, Guerres d'Arran). La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin d’avoir lu les 6 séries précédentes pour vous lancer dans celle-ci ! C’est donc une bonne porte d’entrée pour dévorer de la fantasy aussi belle qu’efficace.
C’est Samourai Rouge (par Jarry, Vax et Powell) qui ouvre le bal des 5 tomes prévus. On apprend alors que le problème des Terres d’Ynuma, c’est que les esprits tourmentés n’y trouvent jamais le repos éternel. Zhao le Samurai Rouge et la prêtresse Mei-Jen, alliés pour exorciser les démons, écument un univers empreint de folklore japonais, de lamentations déchirantes et d’éternels regrets. Et surtout, on se balade avec eux au travers de pages merveilleusement dessinées.
Le tome 2, "Hijo" (par Courtois et Ma Yi), est aussi beau que son prédécesseur. On y suit Hijo, messager des cieux, qui va devoir affronter les traumatismes de son passé. Un souvenir violent d’une enfance brisée par un Seigneur Elfe. Une haine viscérale qu’il va devoir mettre de côté pour mener à bien l’impossible mission qui lui a été confiée.
Deux tomes, deux one-shot, deux destins. Terres d'Ynuma installe son univers avec succès et nous fait voyager au travers de planches magnifiques peuplées de paysages somptueux et de créatures fantastiques. On est impatients de découvrir les prochains !

Le Feu Monde
Ce livre est un avertissement. Si vous aimez ce qui est beau et bon dans votre monde, ne le lisez pas.
Parmi les hommes, vivaient les adelphes. Quatre géants aux pouvoirs inestimables qui se disputaient l’adoration des humains dans une guerre fratricide. Cette époque, c’est aussi celle des héros dont les barbes chantent les hauts faits, des valeureux qui se battent pour l’égalité et la justice.
Métisse est une guerrière talentueuse à la lame affûtée. C’est pleine d’espoir qu’elle rejoint l’unité de soldats d’élite de Tikhomir. Un espoir qui repose sur une illusion romanesque, bien loin de la réalité des combattants.
Son arrivée dans la troupe va marquer une nouvelle ère. Mais pour bâtir un monde nouveau, il faut commencer par tuer l’ancien.
Refermer Le feu monde, c’est revenir d’un long voyage. C’est découvrir une légende dorée recouverte de ronces et d’oubli. Assister à la fin d’un monde porté par une mythologie captivante et des dessins enchanteurs. Une mention toute particulière pour les illustrations de chapitres, si délicates !
Jason S. est un magicien.

On était des anges
Nos vieux se sont installés à Isheim pour pouvoir dormir tranquilles après le boulot.
C’est un rêve pour toi, de dormir tranquille ?
Dans les années 90, Isheim craint. En tout cas, cette petite ville de province du Grand Est n’est pas un terreau épanouissant quand on est ado. Vivi, Chris, Magou, Tralala et le reste de la bande s’ennuient. Alors ils traînent. Apprennent à prononcer “fuck” comme aux USA. “FOK", avec un O ouvert et un K qui claque.
Ils sont tous un peu marginaux, différents. Et surtout, ils ont (presque) tous envie de partir de ce trou. Et puis il y a elle, cette nouvelle dans le quartier, “la folle”, qui va venir bouleverser leur équilibre si fragile. Aussi blonde que Vivi est brune, c’est l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres.
“On était des anges” installe son ambiance dès les premières pages. Poster des Clash au murs, bracelets à clous, coupe à la Robert Smith et ennuie mortel. La bande est soudée mais chacun à ses blessures cachées, ses amours secrètes, sa famille compliquée. On a l’impression de les connaître un peu, d’avoir traîné avec eux.
Et on à hâte de découvrir le deuxième tome qui se déroulera 30 ans plus tard.

Terre ou Lune
Othello est un garçon joyeux, intelligent, passionné d'ornithologie. Sa vie va connaître un violent tournant à 10 ans.
Depuis quelque temps, ses parents se livrent une guerre silencieuse. Elle prend fin le jour où Othello tue son père en l'empoisonnant. Un acte inconscient, effectué sur la demande de sa mère. Elle est arrêtée, le jeune garçon confié à un foyer. Finit l'enfance, il ne volera jamais avec les oiseaux.
4 ans plus tard, un stage d'ornithologie va lui permettre d'échapper au foyer social, le temps d'un été. C'est aussi l'occasion de retourner dans sa campagne d'enfance, retrouver ses amis et essayer de comprendre le drame qui s'est joué entre ses parents.
Jade Khoo maîtrise aussi bien le dessin que la narration. Dès les premières pages, on est bercés, emportés dans l'univers de l'autrice. Les paysages sont vibrants, les personnages vivants, les sensations réelles. Parfait mélange des genres, "Terre ou Lune" marie la tranche de vie à la SF pour nous surprendre là où on ne l'attend pas. Tandis que la société flirte avec l'utopie, Othello mène une quête personnelle : qui est-il, au milieu d'un héritage familial trop lourd et d'une enfance bafouée ?
Premier tome d'un diptyque d'une grande poésie.
Retour à Carmélites
Que fait-on à Carmélites ? On boit de la bière ! (La bière Karmeliet, vous l’avez ?)
Marthe retourne vivre chez sa mère à Carmélites, afin d’y achever sa thèse en architecture. Sa principale source d’inspiration est un immeuble à la structure étonnante et fascinante situé dans la ville, le point de départ de ses envies d’études supérieures. Ce retour, c’est également l’occasion de retrouver ses vieilles copines et son bar préféré, comme à l’époque… Sauf que cette époque n’existe plus. Tout a changé. La ville n’est plus comme avant, ses amies ne sont plus aussi disponibles pour la voir : la dure réalité du passage à l’âge adulte.
Se sentant seule et étant en proie à la procrastination, Marthe s’inscrit sur une application de rencontre. Elle va matcher avec un certain Lucas. Les échanges et les rendez-vous vont bien se passer, il y a un bon feeling mais surtout, la cerise sur le gâteau : Lucas vit dans l’immeuble qui la fascine tant !
Retour à Carmélites est un récit tendre et mélancolique sur le retour aux sources. En effet, l’euphorie laisse rapidement place à la désillusion : notre domicile n’est plus le nôtre, donc on obéit à de nouveau aux règles et au train de vie de nos parents. La déception pourrait faire croire à un retour en arrière, être chez soi sans être chez soi.
On espère également retrouver ses amis, mais ils sont tous occupés ou ont construit leur avenir sur d’autres horizons. Ne parlons même pas de la ville de notre enfance qui n’a désormais rien à voir avec celle de nos souvenirs, victime de sa gentrification. Le temps tout comme les gens changent et on ne peut qu’accompagner ce quotidien. On ne peut qu’accepter cette réalité ou tout simplement comprendre ce que signifie devenir adulte.

Juste après la vague
Les climatologues ne mentaient pas : un volcan s’est effondré, provoquant le déferlement d’une vague qui a tout emporté sur son passage. Le monde a disparu. Perchée sur un sommet, il y a pourtant une maison qui a échappé aux flots déchaînés. Dernier abri d’un couple et de leurs 9 enfants.
Derrière ses allures de paradis épargné, la bâtisse est une cage dorée. L’eau monte, la maison va finir engloutie. Face à l’inévitable, il y a un espoir: cette barque de 8 places. 8 petites places pour 11 personnes.
Juste après la vague tient dans un choix terrible : qui sacrifier pour permettre aux autres de vivre ? Le couple se déchire, choisir est impossible. Pourtant, 3 enfants vont devoir rester condamnés dans la maison, soumis à l’abandon, la peur et la colère. Le récit alterne entre leur survie chaotique et la dangereuse traversée entreprise par le reste de la famille.
Un huis-clos étouffant et déchirant, adapté avec succès du roman de Sandrine Collette.

Les Fables du Roi des Aulnes
Ce livre est comme un arbre “chaque brindille est une page, chaque branche un histoire. et toute appartiennent au même tronc”
Comme dans un recueil de Folklore contes et légendes Juni Ba nous raconte l’histoire des sous-bois, collines et clairière de Mynisylvix. Les vies d'innombrables mortels, des animaux et de quelques créatures bien plus étranges, qui ont aimé, joué et combattu ici.
Juni Ba continue de nous émerveiller avec son style visuel si personnel et ses talents de conteur, ses personnages aussi nuancés que les morales de ses fables.
Son style de dessin à la fois épuré et foisonnant. Un univers ou des designs “Cartoon-esques” et expressifs côtoient des ambiances et des personnages plus sombre.
Bien sûr on pense à la lecture au “Carnaval des cadavres” de Mike Mignola mais Juni Ba insuffle ici quelque chose de plus chaleureux.
Les Fables du Roi des Aulnes c’est LA pépite de ce début d’année pour moi. Juni Ba s’inscrit définitivement comme une voix singulière et passionnante, je veux en lire toujours plus !

Jeune et fauchée
Un nouveau Florence Dupré la Tour est souvent synonyme de coup de cœur. Et cette nouvelle sortie publiée chez Charivari ne déroge pas à la règle ! Après avoir été Cruelle, Pucelle et Jumelle, l’autrice est désormais Jeune et Fauchée.
Florence vient d’une famille bourgeoise. Pour elle, les Dupré la Tour sont naturellement imperméables à la pauvreté. A 18 ans, elle va cependant découvrir que la richesse n’est pas vraiment héréditaire…
Cette découverte de la pauvreté commence étudiante. Elle ne suit pas la morale bourgeoise et catholique de ses parents, elle ne recevra donc pas leur aide. Comme souvent dans les récits de Florence Dupré la Tour, les sujets ramènent aux relations familiales. A la quête de reconnaissance et d’attention dont elle est privée.
Pourtant, un Dupré la Tour ne peut pas être pauvre ! Alors elle se drape dans l’arrogance, le déni et la débrouillardise. Et survivra du mieux possible : étudiante dépensière, mère isolée puis autrice fauchée. D’ailleurs, elle ne manque pas de nous parler du monde pas très rose de la BD, de ses dérives et de la précarité qui l’entoure.
Avec la franchise qu’on lui connaît, Florence Dupré la Tour témoigne avec humour et amertume. Et quel gros sujet que celui de l’argent et de son absence. Un domaine qui touche à la famille, à la politique, à la société et dont il y a beaucoup à dire.

Le Serment
Alexandre s’en fiche pas mal du serment d’Hippocrate.
Médecin clandestin, il navigue de planque en planque pour soigner les criminels. Moyennant une belle somme d’argent, évidemment. Une activité dangereuse mais qui paie l’école des gosses. Al est méticuleux, anonyme et suit un protocole à la lettre. C’est pour ça qu’il est le meilleur dans son domaine.
Ce soir-là, il reçoit deux types pour blessure par balle, classique. Ce qui n’était pas prévu, c’est qu’un troisième larron débarque pour prendre tout le monde en otage. Lui, c’est Zacharie et il prétend être en pleine mutation vampirique. Le Doc n’a qu’une journée pour le guérir.
En mélangeant mythe vampirique et médecine douteuse, les auteurs nous offrent un huis clos étouffant. Le pari est réussi : on ne s’ennuie pas ! Loin d’être un récit classique, Le Serment distille habilement la tension et maintient le lecteur alerte avec des dialogues ciselés. Le trait de Mikaël Bourgouin est chirurgical, expressif et colle parfaitement à l’ambiance poisseuse du récit.
LES COUPS DE COEUR DE CYNTHIA


